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Thank you for reading my blogs.  I will strive to keep it fresh and upbeat.  I write about paintings, about incidents that happen in my life, etc.

In the table of contents below, you will find the list of blogs I've written so far.


Table of Contents:



Mes Tribulations Avec Un Rongeur

Français 

La semaine dernière, ma femme m’a déclaré sur un ton vraiment alarmant : "Claude, nous sommes en présence d’un problème des plus urgents et épineux. Nous avons un visiteur indésirable et nuisible dans notre maison ».

Tout absorbé par le modelé délicat que j’essayais de réaliser dans ma toile en cours, et croyant à tort qu’il s’agissait d’un quelconque prêcheur ambulant, crampon comme tous ceux du même acabit, je lui répondis plutôt distraitement:

- Donne-moi une toute petite minute, et je t’aiderai à te débarrasser de cet importun.

- Il n’en est pas question, contredit-elle, en me brandissant sous le nez une banane qu’elle venait d’extraire de notre coupe à fruits.

Du beau travail, en vérité. Du cisèlement raffiné digne d’un talentueux artiste. A l’aide de ses petites incisives tranchantes, en guise de ciselet, notre habile petite souris- sculptrice avait patiemment transformé la banane en boumba, en bois fouillé, ou si vous préférez, en pirogue.

- Et qu’est-ce que j’en fais ? me demanda mon épouse d’un air écoeuré.

- Tu la jettes à la poubelle, c’est certain. Mais ce n’est pas ça le plus important. Pour l’instant, le plus pressant consiste pour nous à attraper cette impertinente bestiole.

Laissant ma peinture en plan, je bondis vers mon petit dépotoir du fond de la cour qui, à quoi bon vous le cacher, est un pitoyable et inextricable fourre-tout, et, à force de remuer mes trésors, je finis par dénicher ma belle ratière métallique. Encore belle, mais une vraie rouillure, à cause de l’air humide de Puerto Plata, et du voisinage de la mer.

Une belle tranche de fromage servit d’appât à mon immanquable piège que j’avais eu soin de graisser copìeusement. Hélas, à notre réveil, force nous fut de constater que le fromage s’était volatilisé, sans pour cela que la ratière ne se déclenchât d’un poil.

- Je comprends ce qui est arrivé, m’expliqua ma clairvoyante femme, qui était sûre de ne pas se tromper. C’est une toute petite souris, et son poids n’est pas suffisant pour manoeuvrer la déclenche du piège. En ce cas...

- En ce cas, complétai-je, il nous faut une souricière.

- Exactement. Mais avant d’en acheter une, nous allons expérimenter un piège à glu. J’en ai quatre ou cinq de ce type.

Cette attrape est constituée d’un rectangle de carton recouvert d’une couche de glu puissante, à laquelle viennent adhérer les rongeurs, les blattes des cuisines, etc.

Encore une fois, nous fîmes chou blanc. Un nouvel échec cuisant et retentissant. La souris ne daigna même pas jeter un regard à nos quatre cartons englués. Et pourtant, elle n’oublia pas de sculpter une nouvelle pirogue bien profonde dans une délicieuse banane que je m’apprêtais à déguster.

- L’explication coule de source, décréta ma perspicace femme. J’avais ces cartons depuis plus de cinq ans, et la colle s’est probablement défraîchie, et a perdu son pouvoir d’adhérence. En ce cas...

- En ce cas, renchéris-je, ce matin même, je vais acheter quatre souricières et quatre pièges à glu.

Ce qui fut dit fut fait, et dans la soirée, nous dispersâmes dans toute la maison nos souricières et nos cartons englués. Cependant, le fait de revenir bredouilles de notre chasse à la souris me porta, le lendemain matin, à penser niaisement que nous avions affaire à une souris surdouée et littéralement invincible.

- J’en ai assez, pestai-je , avec un accent presque colérique, cette saleté de souris a juré de me ruiner, et elle est sur le point d’y parvenir.

- Je suis tout à fait d’accord avec toi. Non seulement, tu as déjà dépensé plus de dix dollars pour tes pièges, mais encore cette gloutonne dévore nos bananes et notre fromage.

Dans la soirée, découragé, frustré, déprimé, et exaspéré, j’essayais de décompresser un peu, en faisant des mots croisés dans ma chambre. Soudain, je vis sortir par l’entrebâillement d’une porte de mon placard une petite forme grisâtre qui n’était autre que mon rongeur surdoué et invincible.. Et ce n’était pas une souris, mais un jeune et fringant raton qui, sans s’effrayer de ma présence, se glissa sous mon lit-

Dès lors, mon siège était fait. Le lendemain matin, dès huit heures, je me rendis à une quincaillerie, où je fis l’acquisition de deux robustes ratières en bois. Appatées avec deux appétissants morceaux de fromage, je les plaçai l’une à la cuisine, l’autre sur notre table à manger, à proximité de notre coupe à fruits. Et quelques heures plus tard, ce raton gourmet rendait le dernier soupir, non loin de ces bananes qu’il aimait à la folie.

Et en souvenir de l’aventurier russe Raspoutine, qui avait l’âme chevillée au corps, je crois qu’ il serait juste de dénommer feu ce petit rat « Spoutine ».

10 Avril 2010


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