EBook - Vivre A Puerto Plata
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Chapter III Standing In Line In Puerto Plata
I do not believe it is misleading to affirm that the majority of Puerto Plateños
(inhabitants of Puerto Plata) hate to stand in line. When they can not, in no way,
avoid this obligation, they submit to it reluctantly.
Allow me to explain myself. A file, whether it is Indian or not, is formed by people
placed one behind the other. However, in Puerto Plata, it does not always happen like
that. Every time that I stand in line, it is never long before seeing someone on my
right-hand side or my left. Sometimes, I wonder whether it is not me which, by
inadvertency, deviated a little out the line.
As far as waiting in line is concerned, I believe that the intention is there.
However, the intention without one ounce of good will is not enough to obtain
reasonably straight files like the rest of the world, and not in zigzag as in a
slalom.
One day, while in line at the bank, I could not resist addressing the person who was
on my right, instead of being behind me.
"If you continue to swerve out of the file", I pointed out to him, "you will end up
losing your spot".
I was given a forced smile which I translated, more or less as follows:
"Why don't you shut up, you finicky imbecile".
I realized, soon after, that I had been wrong in wanting to lecture my fellow bank
patron. Indeed, without knowing why, at least five of the people who were in front of
me started to veer to the left as if they had wanted to avoid an obstacle.
The man to whom I had just spoken, took revenge with a triumphal air:
"Now" he said while glaring at me "it is you who are not in line".
He was right. In order not to appear foolish and stubborn, I had to stand behind the
small group which had deviated towards the left.
Not too long ago, these sinuous lines got me a scolding that I did not deserve.
Wanting to pay an article that I had just chosen in a department store of Puerto
Plata, and seeing that there was no file in front of one of the cashiers, I approached
one, without paying the least attention to the nearby five people conversing with
animation.
"I know that you are in a hurry Sir" the cashier admonished me "but you must await
your turn. If everyone acted like you, it would be chaos.
I did not try to defend myself because only weariness and hunger had prevented me from
embracing the scene with acuity. The five people who discussed with heat, formed an
unusually, sinuous line, and apparently, they were not in a hurry to arrive at the
register.
The concept of standing in line also disturbs some of the elderly of Puerto Plata, who
consider this practice tiring and useless. Once, in the payment area of an office, I
saw an unusually furious old woman who categorically refused to yield to the
requirements of an interminable file which, according to her, was going to make her
lose more than two hours.
"All that, uttered the recalcitrant lady, is nothing more than disproportionate
ambition. People were so much at ease in this small town, and here we are setting our
customs aside to do like big cities. What is the purpose of all these pirouettes when
the register is there, in front of me?"
Nobody tried to reason with this simplistic woman who, ultimately, had to make the
line while continuing to grumble. A man of ripe age which, undoubtedly, shared the
feelings of the grandmother, instead of complaining like her, preferred to hum a tune
discreetly.
In addition, there is a rather unusual detail that caught my attention: the person
standing in line believes pertinently that its position in the file is unchangeable,
and inviolable. He can allow himself to leave the line when ever he pleases, either to
make a phone call, or to go talk with someone outside, or for any other reason. No
problem. When he returns, he reenters the file in the exact position that he occupied
before.
Once, in connection with this irregularity, I took the liberty to risk a joke. To the
pretty woman who had just crushed my toes, while slipping with authority in the spot
she occupied before leaving the line, I declared in a voice that I desired both malicious
and seducing:
"You snooze you loose".
The charming lady sized me up slowly, with a look so hostile that I thought that she
was going to overwhelm me with insults. As if nothing had happened, I hastened to look
in another direction, kept a low profile while taking refuge in a cautious silence.
English Translation By
Vadim Dambreville
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Index
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Chapitre III Faire La Queue A Puerto Plata
Je ne crois pas me tromper en affirmant que la majorité des Puerto Plateños (habitants de Puerto
Plata) détestent faire la queue. Et, lorsqu’ils ne peuvent en aucune façon éviter cette obligation,
ils s’y soumettent à contre-cœur.
Je vais expliciter ma pensée: Une file, qu’elle soit indienne ou non, est formée de personnes
placées l’une derrière l’autre. Mais, à Puerto Plata, les choses ne se passent pas forcément
ainsi. Chaque fois que, dans cette ville, je m’introduis dans une file, je ne tarde jamais à
apercevoir quelqu’un à ma droite ou à ma gauche. Parfois, je me demande si ce n’est pas moi qui,
par inadvertance, ai un peu dévié de la ligne.
En ce qui concerne le fait de faire la queue, je crois que l’intention y est. Cependant,
l’intention sans une once de bonne volonté ne suffit pas pour obtenir des files raisonnablement
droites comme toutes les files du monde, et non en zigzag comme dans un slalom.
Un jour, faisant la queue dans une banque, je ne pus m’empêcher de m’adresser à la personne qui
était à ma droite, au lieu d’être derrière moi.
- Si vous continuez à avancer hors de la file, lui fis-je remarquer, vous finirez par
perdre votre place.
Pour toute réponse, je fus gratifié d’un sourire forcé, que je traduisis plus ou
moins ainsi:
- Ferme donc ta gueule, espèce d’imbécile pointilleux.
Et l’instant d’après, je me rendis compte que j’avais eu tort de faire la leçon à mon
compagnon de file. En effet, sans savoir pourquoi, au moins cinq des personnes qui étaient devant
moi commencèrent à bifurquer vers la gauche, comme s’ils avaient voulu éviter un obstacle.
L’homme à qui je venais de parler, prit sa revanche d’un air triomphal:
- A présent, dit-il en me foudroyant du regard, c’est vous qui êtes en dehors de la ligne.
Il avait raison. Et afin de ne pas paraître ridicule et entêté, je dus me placer derrière le
petit groupe qui avait dévié vers la gauche.
Il n’y a pas longtemps, ces files tortueuses m’ont valu un rappel à l’ordre que, réellement je ne
méritais pas. Voulant payer un article que je venais de choisir dans un grand magasin de Puerto Plata,
et voyant qu’il n’y avait pas de file devant l’une des caissières, je m’approchai de celle-ci, sans
prêter la moindre attention aux cinq personnes qui, tout près, parlaient avec animation.
- Je sais que vous êtes pressé, Monsieur, m’admonesta la caissière. Mais vous devez attendre
votre tour. Si tout le monde faisait comme vous, ce serait la pagaille.
Je n’essayai pas de me défendre, car seules la fatigue et la faim m’avaient empêché d’embrasser la
scène avec acuité. Les cinq personnes qui s’entretenaient avec ardeur, formaient une file très sinueuse,
et apparemment, elles n’étaient pas pressées d’arriver à la caisse.
Le concept de file d’attente dérange aussi quelques personnes âgées de Puerto Plata, qui jugent cette
pratique fatigante et inutile. Une fois, dans l’aire de paiement d’un bureau, j’ai vu une vieille toute
furieuse qui refusait catégoriquement de se plier aux exigences d’une file interminable qui, selon elle,
allait lui faire perdre plus de deux heures.
- Tout cela, grommela la récalcitrante, n’est rien d’autre que de l’ambition démesurée. Les gens
étaient tellement à l’aise dans cette petite ville, et voilà qu’on se met à bousculer nos vieilles
coutumes, uniquement pour faire comme les grandes villes. A quoi servent toutes ces pirouettes, alors
que la caisse est là, devant moi?
Personne n’essaya de faire entendre raison à cette femme simpliste qui, en fin de compte, dut prendre
la file, tout en continuant à bougonner. Un homme d’âge mûr qui, sans doute, partageait les sentiments de
l’aïeule, loin de rouspéter comme elle, préféra fredonner discrètement.
Par ailleurs, il y a un détail assez curieux qui a retenu mon attention : la personne qui fait la queue
croit pertinemment que sa position dans la file est sa propriété privée, inchangeable, et inviolable. Elle
peut se permettre de sortir de la ligne quand cela lui plaît, soit pour placer un appel téléphonique, soit
pour aller parler avec quelqu’un dans la rue, ou pour n’importe quel autre motif. Pas de problème. A son
retour, elle réintègre la file à la place exacte qu’elle occupait antérieurement.
Une fois, à propos de cette irrégularité, j’ai pris la liberté de risquer une plaisanterie. A la jolie
femme qui venait de m’écraser les orteils, en se glissant avec autorité à la place qu’elle occupait avant de
quitter la file, je déclarai d’une voix que je voulus malicieuse et séduisante:
- Qui va à la chasse perd sa place.
La ravissante dame me toisa lentement, avec des yeux tellement hostiles que je pensai qu’elle allait
m’accabler d’injures. Mais il n’en fut rien, et je m’empressai de regarder dans une autre direction, en me
faisant tout petit, et en me réfugiant dans un silence prudent.
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Capítulo III Hacer Fila En Puerto Plata
A mi parecer, a muchos puertoplateños no les gusta hacer fila, y cuando deban someterse
a esta obligación, lo hacen visiblemente de mala gana. Voy a aclarar mi opinión: una fila,
ya sea india o no, está formada por personas colocadas una detrás de otras. Pero aquí, las
cosas no se efectúan obligatoriamente así. En esta ciudad, cada vez que yo me pongo en fila,
yo nunca tardo en ver a alguien a mi derecha o a mi izquierda. A veces, yo me pregunto si no
soy yo quien, inadvertidamente, me he desviado un poco.
En lo tocante a la fila, creo que existe la intención. Sin embargo, la intención sin una
onza de buena voluntad no basta para obtener filas razonablemente rectas, como todas las
filas del mundo, y no en zigzag como un slalom.
Un día, haciendo cola en un banco, no pude abstenerme de dirigirme a la persona que estaba
a mi derecha, en vez de estar detrás de mí.
- Si sigue usted andando fuera de la fila, yo le hice notar, acabará usted por perder su
turno.
Por toda respuesta, yo obtuve una sonrisa forzada que yo traduje más o menos así:
- Cállate la boca, so tonto puntilloso.
El minuto después, me di cuenta que yo había hecho mal en dar una lección a mi colega de
fila. En efecto, sin que yo supiera por qué, a lo menos cinco o seis de las personas que me
precedían, comenzaron de repente a desviar hacia la izquierda, como si quisieran evitar un
obstáculo. El hombre con quien yo acababa de hablar, tomó la revancha con aire triunfal.
- Ahora, dijo él, fulminándome con la mirada, es usted que está fuera de la fila.
Él tení0a toda la razón. Y, con el fin de no parecer ridículo o testarudo, me vi
obligado a colocarme detrás del grupito que se había bifurcado hacia la izquierda.
Una vez, estas filas tortuosas me han ocasionado una llamada al orden que, realmente,
yo no merecía. Queriendo pagar el artículo que yo acababa de comprar en una tienda grande
de Puerto Plata y viendo que no había fila delante de una de las cajeras, yo me acerqué a
ella sin prestar la más mínima atención a las cinco personas que, muy cerca, hablaban
animadamente.
- Yo sé que tiene usted prisa, señor, me amonestó la cajera, pero usted debe esperar su
turno. Si todo el mundo hiciera como usted, sería un verdadero desorden.
No respondí ni una sílaba, porque sólo el cansancio y el hambre me habían impedido que yo
abarcara la escena con agudeza. Las cinco personas que hablaban con animación, formaban una
fila muy tortuosa y, aparentemente, no tenían prisa en absoluto por llegar a la caja.
El concepto de fila de espera molesta a algunos viejos de Puerto Plata, que lo juzgan
inútil. Una tarde, en el área de pago de una oficina, he visto a una anciana furiosa que
rehusaba doblegarse a las exigencias de una fila interminable que, según decía ella, iba
a hacerle perder más de dos horas.
- Todo eso, fulminó la anciana, es nada más que ambición desmesurada. La gente se
encontraba tan cómoda en esta ciudad y ya vienen a revolver nuestras viejas costumbres, con
objeto de hacer como las grandes ciudades. ¿Para qué pueden servir todas estas piruetas
mientras la caja esta aquí, delante de mí?
Nadie intentó razonar con esta mujer simplona que, en resumidas cuentas, se puso en fila,
mientras seguía refunfuñando. Un hombre de avanzada edad, que quizás compartiera los
sentimientos de la recalcitrante, lejos de gruñir como ella, prefirió canturrear
discretamente.
Por otro lado, hay un curioso detalle que me ha llamado la atención: El hombre o la
mujer de aquí que entra en una fila, tiene la total convicción de que el sitio que él o
ella ocupa, es su propiedad privada, intocable e inviolable. Él o ella puede permitirse
dejar la fila en cualquier momento, sea para ir a telefonear, para ir a hablar con alguien
en la calle, o cualquier otro motivo. No hay problema. Cuando regrese, él o ella
reintegra la fila en el sitio exacto que ocupaba anteriormente.
Con respecto a esta irregularidad, se me ocurrió una vez esbozar una broma. A la mujer
bonita que me había aplastado los dedos del pie, para deslizarse con autoridad en el sitio
que ocupaba antes de salir de la fila, le dije con una voz que intenté hacer maliciosa y
seductora:
- Quien va a Sevilla pierde su silla.
La bella mujer me miró de arriba abajo, con evidente hostilidad, lo que me hizo pensar
que iba a prorrumpir en insultos. Gracias a Dios, no hubo nada de eso, y yo me apresuré a
volver la cabeza, haciendome pequeño, y refugiandome en un silencio prudente.
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