Claude Dambreville - Official Website

EBook - Vivre A Puerto Plata

English |  Francais |  Español

Chapitre VII
Interessant Parallele

 

On dit que les gens d’âge mûr se plaisent à faire des comparaisons. C’est si vrai que, bien souvent, je me surprends à établir des différences entre les mœurs du passé et celles du présent, entre les habitudes d’hier et celles d’aujourd’hui, entre le coût de la vie d’antan et celui des temps modernes. En réalité, je dois admettre que ces comparaisons me divertissent un peu, quoique, au fond, elles traduisent un vieillissement évident.

Se plaindre continuellement de certains aspects de la vie moderne, et se réfugier mollement dans la vie passée, voilà un comportement totalement irrationnel, et même absurde. Mais, avant de me résigner à mettre un terme à ces comparaisons inutiles, je vais formuler les dernières de la série, en vous parlant des gamins de Puerto Plata.

Tout bien considéré, je me suis rendu compte que la vie de ces bambins est tout à fait différente de l’existence austère que je menais, quand j’avais leur âge, c’est-à-dire 8, 9, 10, 11 ou 12 ans. C’est compréhensible, me direz- vous. Le monde a fait un bond vertigineux. Toutes ces inventions récentes, et tous ces jeux dernier cri qui sont à la portée des gosses d’aujourd’hui, ont agréablement modifié leur mode de vie.

Voyons comment les choses se passaient pour moi, à la sortie de l’école. Arrivé chez moi, je soufflais un peu, puis je cherchais quelque chose à manger. J’enlevais ensuite mes vêtements et mes chaussures d’école, je me mettais à mon aise, et sans perdre trop de temps, je faisais mes devoirs et étudiais mes leçons. Ayant terminé mes tâches scolaires, je prenais plaisir à lire le livre loué à la bibliothèque de mon école. Après une enrichissante lecture d’une heure, je faisais autre chose. Ou bien je dessinais, ou bien j’attaquais un jeu de patience.

Il convient de préciser qu’à l’époque de mon enfance, il n’y avait ni télévision ni jeux vidéo. Je m’amusais donc comme je le pouvais, mais sans quitter la maison. Mes parents me permettaient d’aller jouer dans la rue, ou chez un ami, seulement durant les week-ends.

Comme vous allez le remarquer, les enfants de Puerto Plata vivent aujourd’hui d’une manière absolument différente, inspirée probablement par le modernisme. Au sortir de l’école, le gosse d’ici jette son sac n’importe où, sur la table à manger, sur un lit, ou à même le sol. En vitesse, il se précipite dans la rue, où l’attendent déjà une dizaine de copains aussi désœuvrés que lui. Et pour meubler tout ce temps qu’ils ont à leur disposition, ces petits garçons commencent par enfourcher une bicyclette, et ils pédaleront comme des fous pendant plus d’une heure, sans suivre aucun itinéraire.

Trempés de sueur, ils abandonnent leurs véhicules sur n’importe quel trottoir, et sans transition, ils vont passer de longs moments en compagnie des petits personnages coureurs, sauteurs et voltigeurs de leur « PlayStation ». Quand finalement, ils en ont marre de rester à la même place, ils décident à l’unanimité de retourner dans la rue, pour commencer une exaltante partie de base-ball. Pourvus de gants, de battes, de casquettes et de balles, nos champions en herbe vont s’épuiser sur l’asphalte, en jouant durant deux ou trois heures, avec sérieux et professionnalisme.

Au sujet du base-ball, je vais peut-être vous surprendre en vous révélant que les parties qui se jouent dans ma rue, nous maintiennent en bonne santé, ma femme et moi. De temps à autre, une balle vient choir dans notre cour, et, sans le moindre complexe en face de ces deux vieux que nous sommes, et sans pitié pour nos articulations oxydées, l’un de ces petits joueurs de base-ball sonne hardiment à notre barrière, et nous demande aimablement d’aller lui chercher la balle.

Jouer les ramasseurs de balles à notre âge est certainement un exercice néfaste pour notre pauvre dos. En revanche, cela doit sûrement faire du bien à notre système cardio-vasculaire.

Compte tenu de toutes ces heures folles de divertissement dont jouissent les gamins de Puerto Plata au sortir de l’école, je me demande s’ils ont vraiment des devoirs de maison à faire, et des leçons à étudier. Si oui, il est clair qu’ils les négligent intentionnellement, au risque de récolter des zéros à la pelle.

Et, avant de terminer ce chapitre, sans vouloir paraître trop sermonneur ou moralisateur, je pense que c’est vraiment dommage que les gosses de cette ville ne commencent pas tres tôt à s’intéresser à la lecture. Il y a tant de livres merveilleux destinés aux enfants. En outre, s’ils s’étaient initiés à ce passe-temps enchanteur, il ne fait pas de doute qu’ils pourraient consacrer moins de temps à la bicyclette et au base-ball, quoique ce dernier jeu puisse les faire déboucher un jour sur un chemin mirifique pavé de dollars.

Retour au debut

Contenu


Home |  Artwork |  Biography |  Wish List |  Contact |  Privacy Policy |  Site Map


Site designed and maintained by Tao Dambreville

Compare T1 Line price quotes and T1 Connection service from multiple T1 providers with just one click!