Claude Dambreville - Official Website

EBook - Vivre A Puerto Plata

English |  Francais |  Español

Chapitre VIII
La Gent Canine De Puerto Plata

 

Chaque matin, au moment où le sommeil est le plus voluptueux, nous quittons notre lit douillet, ma femme et moi, pour aller faire une bonne marche. On respire à pleins poumons un air frais parfumé des senteurs de mille fleurs. Dans les beaux jardins et les broussailles, on voit partout la rosée perler et faire la nique aux premiers rayons tièdes d’un soleil encore engourdi. Bref, notre promenade quotidienne aurait pu être un régal des plus enviables, si, sur notre passage, nous ne devions rencontrer tous ces chiens.

Pour commencer, à peine avons-nous fait quelques pas dans la rue, que nous sommes accueillis, comme chaque jour, par les aboiements rauques, furieux, et désagréables d’un gros chien menaçant et féroce.

On dit que chien qui aboie ne mord pas. Pas toujours vrai. Une fois, j’ai vu cette terreur aboyeuse dont nous parlons faire une bouchée d’un pauvre petit chihuahua. Mais laissons de côté ce molosse cruel, pour passer en revue ces nombreux chiens de rues que nous croisons au cours de notre balade matinale.

En premier lieu, je vous dirai que, souvent, au détour d’une rue, nous tombons sur une chienne en rut poursuivie avec acharnement par toute une meute de soupirants maigres, surexcités, et renifleurs. En principe, ces animaux sont plutôt inoffensifs, pour la simple raison que les piétons ne les intéressent pas. Toutefois, pour ne pas les provoquer, nous jugeons qu’il est préférable de poursuivre notre chemin sur l’asphalte, et de leur laisser le bout de trottoir sur lequel ils prennent leurs ébats.

On tombe parfois sur un chien de race bien mignon, bien propret, bien peigné, et plein de vigueur. Ce petit animal qui remue sans cesse la queue amicalement, saute sur tous les passants, mais sans la moindre intention de les mordre. Il n’empêche que ces démonstrations soudaines d’amitié me font toujours sursauter, et me donnent la chair de poule.

N’oublions pas de mentionner ces vieux chiens malades, faibles, et faméliques, couchés sur le trottoir, comme sur un lit de mort. Ils n’ont même pas la force de se lever pour aller manger et boire. Pour survivre, ils ne peuvent compter que sur la petite subsistance que leur jettent des âmes charitables de temps en temps.

En réalité, le plus assommant de tous ces chiens vagabonds est indiscutablement le petit toutou à queue frétillante qui se cherche un maître. Il jette son dévolu sur le premier venu, se colle à ses pas, comme une sangsue. Et, en dépit des protestations énergiques que vous élevez, il se met à sucer les revers de votre pantalon, et vous accompagne jusque chez vous. Pour se débarrasser de ce nouvel ami collant et entreprenant, on sera obligé de recourir à toutes sortes de stratagèmes. Il convient de préciser que, la plupart du temps, ces petits chiens errants ne le sont que par accident. Ne pouvant plus subvenir à leur entretien qui, finalement, coûte assez cher, leur propriétaire les libère volontairement de leur laisse, et facilite leur évasion, dans l’espoir qu’un amant de la gent canine les ramassera.

Avant de mettre le point final à ce chapitre, je vous confesserai humblement que j’ai peur des chiens. Une peur atroce et franchement maladive. Et, ce qui n’arrange pas les choses, j’ai remarqué que la plupart du temps, lorsqu’un chien hargneux et visiblement menaçant déclare la guerre à un piéton, et lui fait clairement comprendre qu’il aimerait lui dévorer les mollets, quelqu’un survient toujours avec, dans la bouche, des paroles faussement rassurantes : » N’ayez pas peur. Ce chien n’est pas méchant. Il ne vous mordra pas ».

Merci bien, Monsieur ou Madame. Vous êtes très aimable de vouloir me tranquilliser, mais je ne fais pas confiance à votre chien. Il y en a qui vous mordent traîtreusement, dès que vous cessez d’être vigilant.

De toute manière, pour que les piétons jouissent d’une sécurité absolue, quand ils se promènent sur les trottoirs, je suis persuadé que les services responsables qui, selon toute probabilité, possèdent une fourrière, ont déjà recommencé le ramassage de ces nombreux chiens errants qui fréquentent assidûment les rues de cette plaisante ville de Puerto Plata, où il fait bon vivre.

Retour au debut

Contenu


Home |  Artwork |  Biography |  Wish List |  Contact |  Privacy Policy |  Site Map


Site designed and maintained by Tao Dambreville

Compare T1 Line price quotes and T1 Connection service from multiple T1 providers with just one click!